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“Penser mieux pour mieux vivre”

Les plus beaux textes de Descartes  
(1596-1650) 
 
Textes classés par :  
AUTEURS  
 
THÈMES  
 
 
Sur le bonheur  
Mieux vaut la tristesse qu'un bonheur illusoire (Lettre à Élisabeth)  
Sur la certitude  
Première certitude : je suis, j'existe (Méditations métaphysiques)  
Sur le corps  
De l'union du corps et de l'esprit (Méditations métaphysiques)  
Sur le désir  
Plutôt changer mes désirs que l'ordre du monde (Discours de la méthode)  
Sur Dieu  
On ne peut concevoir Dieu sans existence (Méditations métaphysiques)  
Sur le langage  
Seul l'homme pense; seul l'homme parle (Lettre au marquis de Newcastle)  
Sur la méthode  
De la nécessité d'une méthode (Discours de la méthode)  
Sur les passions  
Un remède général contre les passions (Les Passions de l'âme)  
Sur la pensée  
Ce que c'est que penser (Les Principes de la philosophie)  
Sur la perception  
La perception suppose une inspection de l'esprit (Méditations métaphysiques)  
Sur la philosophie  
Ce qu'est la philosophie (Les Principes de la philosophie)  
Vivre sans philosopher, c'est avoir les yeux fermés (Les Principes de la philosophie)  
Sur les sens  
Rien de ce que j'apprends par les sens n'est assuré (Méditations métaphysiques)  
Sur la technique  
Connaître la nature, pour pouvoir la maîtriser (Discours de la méthode)  
LES 
PLUS BEAUX TEXTES 
SUR LA RAISON  
brèves leçons de philosophie  
 
 
Textes classés par :  
AUTEURS 
 
THÈMES 
 
 
Descartes  
“Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée” (Discours de la méthode)  
Marc Aurèle  
Propriétés de l'âme raisonnable (Pensées)  
Montaigne  
La raison ne peut appréhender l'être des choses (Essais)  
Pascal  
En tout homme, l'imagination domine la raison (Pensées)  
 
 
 
La Bible  
Paroles de sagesse : tout est vanité (L'Ecclésiaste)  
Descartes  
La philosophie est l'étude de la sagesse (Les Principes de la philosophie)  
La sagesse est le souverain bien (Les Principes de la philosophie)  
Platon  
Savoir qu'on ne sait pas : la vraie sagesse (Apologie de Socrate)  
Sénèque  
Résolution de l'aspirant à la sagesse (De la vie heureuse) Il n'y a point de doute que je suis  
 
 
Textes classés par :  
AUTEURS  
 
THÈMES  
 
 
La méditation que je fis hier m'a rempli l'esprit de tant de doutes, qu'il n'est plus désormais en ma puissance de les oublier. Et cependant je ne vois pas de quelle façon je les pourrai résoudre; et comme si tout à coup j'étais tombé dans une eau très profonde, je suis tellement surpris que je ne puis ni assurer mes pieds dans le fond, ni nager pour me soutenir au-dessus. Je m'efforcerai néanmoins, et suivrai derechef la même voie où j'étais entré hier, en m'éloignant de tout ce en quoi je pourrai imaginer le moindre doute, tout de même que si je connaissais que cela fût absolument faux; et je continuerai toujours dans ce chemin, jusqu'à ce que j'aie rencontré quelque chose de certain, ou du moins, si je ne puis autre chose, jusqu'à ce que j'aie appris certainement qu'il n'y a rien au monde de certain.  
 
Archimède, pour tirer le globe terrestre de sa place et le transporter en un autre lieu, ne demandait rien qu'un point qui fût fixe et assuré. Ainsi j'aurai droit de concevoir de hautes espérances si je suis assez heureux pour trouver seulement une chose qui soit certaine et indubitable.  
 
Je suppose donc que toutes les choses que je vois sont fausses; je me persuade que rien n'a jamais été de tout ce que ma mémoire remplie de mensonges me représente; je pense n'avoir aucun sens; je crois que le corps, la figure, l'étendue, le mouvement et le lieu ne sont que des fictions de mon esprit. Qu'est-ce donc qui pourra être estimé véritable ? Peut-être rien autre chose, sinon qu'il n'y a rien au monde de certain.  
 
Mais que sais-je s'il n'y a point quelque autre chose différente de celles que je viens de juger incertaines, de laquelle on ne puisse avoir le moindre doute ? N'y a-t-il point quelque Dieu, ou quelque autre puissance, qui me met en l'esprit ces pensées ? Cela n'est pas nécessaire, car peut-être que je suis capable de les produire de moi-même. Moi donc à tout le moins ne suis-je pas quelque chose ? Mais j'ai déjà nié que j'eusse aucun sens ni aucun corps. J'hésite néanmoins, car que s'ensuit-il de là ? Suis-je tellement dépendant du corps et des sens que je ne puisse être sans eux ? Mais je me suis persuadé qu'il n'y avait rien du tout dans le monde, qu'il n'y avait aucun ciel, aucune terre, aucuns esprits, ni aucuns corps; ne me suis-je donc pas aussi persuadé que je n'étais point ? Non certes, j'étais sans doute, si je me suis persuadé, ou seulement si j'ai pensé quelque chose. Mais il y a un je ne sais quel trompeur très puissant et très rusé, qui emploie toute son industrie à me tromper toujours. Il n'y a donc point de doute que je suis, s'il me trompe; et qu'il me trompe tant qu'il voudra, il ne saurait jamais faire que je ne sois rien, tant que je penserai être quelque chose. De sorte qu'après y avoir bien pensé, et avoir soigneusement examiné toutes choses, enfin il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition : Je suis, j'existe, est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce ou que je la conçois en mon esprit.  
 
Méditations métaphysiques (1641), Méditation seconde, 
traduction du duc de Luynes revue par Descartes.  
 
 

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Modifié en dernier lieu le 15.10.2006
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